Oser être soi pour construire des relations authentiques et apaisées.
En ce qui conerne nos relations, notre curseurnous se déplaçe entre deux extrêmes :
→ Soit nous nous méfions trop des autres, ne faisons confiance à personne (et surtout pas à nous-mêmes et nos capacités) et nous sommes fermés. Bon courage à ceux qui veulent entrer en relation avec nous !
→ Soit nous nous oublions complètement au profit des autres (nous avons plus confiance en l’autre qu’en nous-mêmes). Nous laissons la porte grande ouverte aux manipulateurs, profiteurs en tout genre !
Point commun de ces deux comportements : nous n’avons pas confiance en nous-mêmes, en nos capacités. Notre confiance n’est pas intérieure, nous la cherchons à l’extérieur ou nous enfermons dans notre donjon en attendant que quelqu’un vienne nous délivrer.
Mais notre confiance, notre sécurité, en tant qu’adulte, c’est à nous de nous la construire et de l’entretenir.
L’autre n’a pas à tenir ce rôle là, il n’a pas à combler nos besoins, à nous valider…
Nous n’avons pas besoin de nous sur-adapter, de nous perdre pour être accepter ou éviter à tout prix les conflits.
Instaurer une relation de confiance sans nous trahir nécessite de nous connaître (nos valeurs, nos besoins, nos limites…) pour instaurer une sécurité intérieure.
Nous nous adaptons pour survivre !
Le besoin d’appartenance est un besoin fondamental. Historiquement, l’isolement était un danger pour notre sécurité, notre survie. La peur de l’isolement est une des peurs archaïques, qui est ancrée en nous !
Notre Système Nerveux va donc tout faire pour que nous ne soyons pas rejeté, abandonné et que nous puissions nous intégrer au groupe / à la communauté / la famille…
Son but est d’assurer notre survie pas de nous rendre heureux. Il va donc faire en sorte que nous nous adaptions voir nous sur-adaptions à notre entourage en développant des stratégies.
Nous allons subir nos blessures d’abandon, de rejet, de trahison… et construire des liens d’attachement pas toujours sécure :
Bébé puis enfant, nous ne sommes pas autonome et ne pouvons pas assurer notre survie seul. Nous avons besoin des adultes de notre entourage pour cela. Et nous allons mettre en place tout un tas de stratégies pour se faire aimer d’eux afin qu’ils subviennent à nos besoins fondamentaux, qu’ils nous protègent.
Ces adaptations vont nous éloigner de qui nous sommes vraiment mais nous n’avons pas le choix, c’est une question de survie. Plus grand, nous allons, la plus part du temps continuer à appliquer les mêmes stratégies alors que nous sommes capable de nous assumer, d’assurer notre survie tout seul !
Nous allons nous protéger (inconsciemment, bien-sur) en restant évitant, en développant de l’anxiété ou des peurs.
Nous allons rester fidèle à des messages d’autorité du passé, tel que soit parfait, soit fort, dépêche toi, tais toi, attends… Ils vont conditionner nos comportements car c’est sécurisant pour notre système nerveux de rester dans ce que nous connaissons bien
Nous avons pu développer des faux-self et masques. Nous continuons de les utiliser une fois adulte.
Nous nous adaptons en fonction de notre interlocuteur, de l’environnement dans lequel nous sommes, de l’expérience que nous vivons. Nous ne sommes pas les même avec une connaissance que nos collègues, notre patron ou nos amis ou notre conjoints. C’est normal, nous adaptons distance entre nous et l’autre en adaptant notre comportement à la situation tout en restant le plus possible fidèle à nous-mêmes. Les enfants le font très bien lorsqu’ils jouent : ils font comme si ils étaient (policier, marchande, maman, papa….). Le problème se pose lorsque nous n’adaptons plus cette distance et que nous « servons » le même rôle à toutes les personnes que nous côtoyons (très fermé, sur la défensive, le clown de service, calquer le comportement de l’autre…)
Tous ces comportements, ces stratégies ne sont pas contre l’autre ou contre nous-mêmes mais un moyen que notre système nerveux à trouvé efficace pour protéger notre intégrité !
Nous ne nous sentons pas suffisamment en sécurité pour être pleinement nous-mêmes en présence de l’autre/ des autres.
Si c’était juste une question d’adaptation, nous pourrions vivre comme cela. Le problème est que quelque part nous nous sentons mal, désabusés, pas en phase avec nous-mêmes. Et c’est normal car ces sur-adaptations quasi constantes nous ont amenées à nous éloigner voir oublier qui nous sommes vraiment. Cette dissonance est de plus en plus pesante à vivre même si nous n’en sommes pas conscient !
À force de nous adapter :
→ Nous ne savons plus quels sont nos réels besoins, ce qui est important pour nous.
→ Nous fuyons nos émotions car nous ne savons pas qu’elles sont les messagers de notre mal être et de nos difficultés.
→ Nous ne savons plus de quoi nous avons envie, ce qui nous fait plaisir, nous endossons les plaisirs/ envies culturel (il faut avoir, faire… pour être /paraître bien)
→ Quand à nos limites, on en parle même pas ! Comment les définir lorsque nous sommes si éloigné de nous ?
D’un point de vue sociétal, nous entendons parler de surcharge émotionnelle, de charge mentale, de changement de société, de comportement, de choix…
Les confinements nous ont mis face à nous-mêmes. Désormais, nous nous posons plus de questions quand au sens de ce que nous faisons et pas uniquement d’un point de vue professionnel. Nous ressentons plus ces décalages entre ce que nous vivons et ce à quoi nous aspirons vraiment. Il y a une « recrudescence » de burn-out car nous prenons conscience de ce décalage. Ces rôles que nous nous sommes imposés durant de nombreuses années nous ont éloigné de nous-mêmes de notre équilibre.
Quand nous laissons notre sécurité dépendre de notre environnement, nous nous rendons compte que personne ne nous connaît réellement ! Et c’est bien normal ! En nous sur-adaptant en permanence nous ne nous présentons pas aux autres tel que nous sommes vraiment. Idem pour les personnes en face de nous. Nous ne les connaissons pas vraiment car elles nous montre ce qu’elles veulent bien nous monter. En fait, ce sont nos Systèmes Nerveux qui nous font tous agir de la sorte pour nous protéger.
Mais à tous nous protéger, nous ne développons pas de relations authentiques, pire, certaines deviennent dysfonctionnelles.
En nous éloignant trop de nous-mêmes, en ne développant pas notre sécurité intérieure, nous cherchons ce qui nous manque à l’extérieur. Nous devenons dépendant des autres, de leur validation, de leur avis. Nous avons peur de perdre ce lien qui nous sécurise. Nous ne posons pas nos limites et cela peut nous conduire à accepter des situations qui ne nous conviennent pas, voir à nous laisser manipuler.
Une relation dysfonctionnelle n’est pas toujours liée à de mauvaises intentions de l’un envers l’autre mais elle s’appuie sur une mauvaise communication, sur des bases où l’authenticité, le respect de chacun n’est pas présent.
C’est bien souvent la rencontre de deux systèmes nerveux non sécures qui se protègent !
Comment développer cette sécurité intérieure pour stopper le « mode survie » et vivre pleinement ?
Le but n’est pas de modifier notre personnalité
mais plutôt de l’accepter puis de l’assumer
et surtout de faire la paix avec nous-mêmes.
La sécurité intérieure est un sentiment de paix qui englobe la confiance en soi.
La Confiance en Soi, c’est se sentir suffisamment sécure quand à ses capacités de prendre soin de soi et faire face aux aléas de la vie.
Se sentir sécure ne consiste pas
→ à ne plus avoir peur mais plutôt à savoir se rassurer, revenir en paix pour pouvoir retrouver ses moyens et agir. La peur est une émotion qui est là pour nous prévenir d’un danger.
→ à devenir totalement indépendant (je n’ai plus besoin de personne, je m’autosuffis) mais plutôt autonome (je conserve le lien, j’aide, je demande de l’aide si besoin…)
Se sentir sécure, c’est plutôt
→ apprendre à nous écouter, à repérer les signaux (comportements, émotions, ressentis, pensées…) lorsque le système se dérégule pour pouvoir revenir au calme et prendre les décisions qui s’imposent en toute conscience et plus de façon automatique en « mode figé, fuite ou combat ».
→ bien nous connaître pour savoir vraiment ce qui est important pour nous, de quoi nous avons besoin pour être heureux, épanoui. Et par la suite, définir nos limites pour nous respecter vraiment et ne plus accepter ce qui ne nous convient pas du tout et négocier ce qui est acceptable.
C’est en étant sécure que nous pouvons créer de véritables liens. Se faire confiance est le pré-requis pour pouvoir faire confiance à l’autre. Pour une relation équilibrée, et vraie nous avons besoin d’être capable d’indiquer nos limites, nos besoins, de nous positionner et d’entendre ceux de l’autre.
Plus nous nous sentons en sécurité intérieurement, moins nous éprouvons besoin de nous adapter pour être aimés ou validé. Toutes les relations ne nous font pas du bien, il est bon de savoir que nous sommes capable de mettre fin à une relation (amoureuse, amicale ou professionnelle…) si celle-ci nous cause des souffrances ou une insécurité (physique, émotionnelle ou psychologique).
Une relation saine ne demande pas une sur-adaptation, la disparition ou le camouflage de qui nous sommes vraiment.
Elle ne repose pas sur la peur de perdre l’autre, d’être rejeté ou abandonné. Mais elle permet, au contraire, de nous sentir, accueilli tel que nous sommes. Cela nous permet d’être vrai, imparfait, vivant !
Le but de (re)trouver sa sécurité intérieure est de pouvoir être soi-même
sans avoir peur de perdre l’amitié ou l’amour de l’autre, la relation
ou sa place (professionnelle ou dans la communauté).
Et c’est lorsque nous cessons de jouer un rôle (pour assure notre survie)
que nous entrons véritablement en relation !


