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Faux self / masque(s)

Le vrai-self, qui nous sommes vraiment.

C’est arriver à mettre la bonne distance entre nous et l’autre et adapter notre comportement à la situation tout en restant le plus possible fidèle à nous-mêmes.

Nous nous adaptons en fonction de notre interlocuteur, de l’environnement dans lequel nous sommes, de l’expérience que nous vivons. Nous jouons des rôles adaptés à chaque situation. Les enfants le font très bien lorsqu’ils jouent : ils font comme si ils étaient (policier, marchande, maman, papa….)
Nous n’avons pas le même degré d’implication dans la relation avec un collègue, un inconnu ou notre conjoint.

Une fois que nous avons tester la relation, que la confiance s’installe, nous pouvons baisser la garde (au moins en partie) et être nous-même le plus possible car, au final, nous sommes rarement en réel danger.
Nous utilisons moins les masques avec nos proches que dans les relations professionnelles qui sont souvent plus codifiées.

Avoir un comportement qui diffère selon la situation est normal. Un faux-self, c’est un masque social que l’on se construit pour permettre les interactions avec l’extérieur. Il nous a permis de survivre jusque là ! Tant que nous sommes capable de nous ajuster en passant d’un rôle à l’autre (professionnel, ami, conjoint, parent…), tout va bien !

Selon Donald Winnicott (pédiatre britannique) durant la construction de sa personnalité, l’enfant va avoir des comportements, paroles. Selon les retours qu’il va recevoir il va valider ou non cette façon d’agir, de penser, de s’exprimer. Il va en déduire que les comportements validés sont à continuer et ceux qui ne les sont pas sont à proscrire.
Lorsque les retours sont positifs, l’enfant se sent validé (pas uniquement dans ses comportements), il peut donc rester lui et construire sa vrai personnalité. Il va alors développer sa confiance en lui, sa créativité. Ses faux-self sont là pour assurer la protection du vrai-self vis à vis de l’extérieur.

Si l’enfant reçois des retours négatifs lorsqu’il est spontané (lui-même), il va penser qu’il n’est pas accepté tel qu’il est. Il va donc construire une fausse personnalité pour s’adapter au mieux à ce qu’il pense qu’on attend de lui.
Pour pouvoir interagir, nous avons du intégrer des codes sociaux, la courtoisie, la politesse et tout un tas de règles « ça se fait », « ça ne se fait pas ».

Selon Monique de Kermadec (psychologue, psychanalyste et écrivain spécialiste du haut potentiel intellectuel), ce modèle ne s’applique pas aux personnes surdouées. Leur fonctionnement, leur façon de pensée est tellement différente de celles des autres que leur vrai self (comportements, paroles) ne correspond pas aux attentes extérieures. Ils développent un faux-self très jeune. Celui ci vient étouffer le vrai-self. Leur vrai personnalité n’est pas comprise, pire peut être source d’inquiétude pour les autres et donc de rejet. N’ayant que des retours négatifs, ils se construisent une fausse personnalité qui est plus acceptable par l’extérieur.
Leur seul but est d’être aimé, accepté, même si ce ne sont pas véritablement eux-même.
Parfois, les parents les acceptent tel qu’ils sont mais c’est à l’école, à la crèche, en communauté que le problème se pose. Ils ne veulent pas être isolés et ni que leurs parents soient montrés du doigt car trop laxistes ou tolérants face à leurs « bizarreries ».

 

Les faux-self, construction et entretient

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C’est lorsque nous modifions notre comportement, langage, voir identité pour nous adapter à notre environnement. Ils sont le résultat d’influence du monde extérieur (famille, communauté, normes sociales…) En fait, nous nous conformons à ce que nous pensons être attendu de nous.
Exemples :
‌ • nous rions, comme tout le monde, même si nous n’avons pas trouvé la blague drôle,
• nous intervenons dans une conversation dont le sujet ne nous intéresse pas juste pour faire parti du groupe.

Nous avons « porté » différents masques : écolier, salarié, parent, enfant, copain, gentil, réactionnaire… Ils nous permettent de protéger notre vrai identité tout en nous adaptant à chaque situation.

Notre self se construit en fonction de la liberté que notre environnement nous donne (expression de nos besoins, possibilité de nous affirmer). En apprenant à nous conformer aux conventions sociales dictée par notre famille, l’école, et plus largement la société (politesse, ce qui se fait, se dit, est acceptable, ce qui ne se fait pas, ne se dit pas, n’est pas acceptable…), nous apprenons à moduler notre self, à plus ou moins masquer notre vraie identité.
Un enfant dont les parents vont être angoissés ou vulnérables dans certaines situations va s’adapter pour ne pas leur faire connaître ces désagréments au détriment de sa propre personnalité.
Dans la cours d’école, l’enfant s’adapte à ce que l’on attend de lui pour éviter les moqueries, l’adolescent, lui va s’adapter pour rentrer dans la bande.
Les faux-self se construisent durant l’enfance et évoluent en suite. Leur but est juste d’obtenir l’amour, l’acceptation de nos parents, entourage puis communauté. Nous modifions nos comportements en fonction des retour que nous avons lorsque nous sommes nous-mêmes. C’est un processus totalement inconscient et plutôt sain qui consiste à protéger notre vraie identité.

En quelque sorte, c’est une petite dose d’hypocrisie qui sert à pacifier les relations.

Quand un faux-self domine les autres

Quand un enfant se sent différent et ne se sent ni compris ni entendu, il peut développer une souffrance à ne pouvoir partager ce qu’il est vraiment, ce qu’il pense, ressent… Il peut alors développer un masque sans affect, sans vraie implication pour donner le change, faire comme si, se fondre dans la masse.
À terme, cela peut lui proférer un sentiment de non appartenance, une faible estime de lui.

Nous ne pouvons blâmer personne ! Le faux self est juste le moyen trouvé pour survivre dans la société, le groupe dans lequel il évolue. Grâce au « contrôle » de sa personnalité, il peut s’adapter pour répondre au mieux aux attentes du clan familial, de l’école, de l’entreprise…
Le réel problème se pose lorsque cette protection entrave tous ses mouvements, paroles. Il y a dissonance entre ce que ressent, éprouve la personne et ce qu’elle affiche, ose montrer. Elle en arrive à s’oublier, à devenir quasiment inexistante aux yeux des autres qui ne connaissent que ce qu’elle leur montre.
Le corps va se manifester, tensions, contractures, que l’on minimise, puis douleurs qui se chonicise, voir dépression ou burn-out !

Le faux-self peut entraîner la personne dans une course effrénée de reconnaissance (être aimé, reconnu des autres).
La carrière professionnelle peut devenir l’endroit idéal pour nous forger une identité professionnelle qui n’a rien à voir avec notre vrai identité. La perte de sens va un jour se rappeler à nous !
La communauté dans laquelle nous vivons, va la pousser à avoir une personnalité lisse, où rien de dépasse ! Mais cela ne nous correspond pas forcément. Certaines personnes vont obéir à ce diktat et d’autres au contraire vont être en rébellions constantes, envers tout le monde, toutes les idées émises ! Là encore, la perte de sens peut arriver car il y a dissonance entre l’image qu’elle donne et qui elle est vraiment !

Le faux-self permanent ou presque

Avoir des faux-self est normal tant que nous reprenons notre vrai-self dès que nous ne sommes plus en représentation (seul ou avec nos proches, les personnes en qui nous avons toutes confiance)

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Lorsque notre éducation ne nous a pas permis d’évaluer et la « bonne » distance (et de l’ajuster en fonction de la personne) entre intimité et monde extérieur, nous avons pu construire un masque plus ou moins figé.
Donald Winnicott, propose une échelle de 5 degrés d’organisations du faux-self allant du faux self permanent au vrai self

Un faux-self surprotecteur va nous empêcher d’être nous-mêmes dans nos interactions. Les relations vont être faussées. Nous n’arrivons plus à être vrai, à nous adapter à l’autre, à la situation. Inconsciemment, nous percevons un grand danger à être nous-mêmes, à nous dévoiler tel que nous sommes. Cela peut venir du fait que nous nous sentons (ou nous sommes senti à un moment de notre vie) différent, vulnérable, non protégé…

La personne qui développe un véritable faux-self n’a qu’un seul masque, un seul personnage ou attitude qu’elle sert à tout le monde. Ce masque qu’elle a mis en place pour lui permette d’entrer plus facilement en relation avec l’extérieure devient sa prison invisible. Elle se retrouve coupé du monde sans sortie possible. C’est une grande souffrance psychique !
Il provient d’une incompétence à entrer vraiment en relation avec l’extérieur.

Ce masque qu’elle a mis en place pour lui permette d’entrer plus facilement en relation avec l’extérieure devient sa prison invisible

Nous apprenons à interagir avec notre environnement principalement durant l’enfance mais celui-ci se poursuit tout au long de notre vie ! Nous pouvons vivre nos « aventures » à la seule condition d’être sécurisé ! Dès que l’enfant va se sentir (durablement, souvent) en insécurité, il va mettre au point des stratégies pour interagir en sécurité. Il lui est plus facile (et surtout plus efficace) de répondre toujours de la même manière !

Le danger du faux-self permanent est que pour survivre dans la société, la personne passe totalement à coté de sa vie, n’a aucune satisfaction, pas de passion, reste neutre sans émotions (visible car elles sont bien là). Elle n’a pas ou peu de vrais amis car personne ne la connaît vraiment !
Ses relations ne sont pas authentiques. Les autres interagissent avec son masque et non avec elle. Elle sait qu’elle est fausse et pense qu’elle n’est pas aimable telle qu’elle est vraiment. Son estime est très faible.

Monique de Kermadec explique que ce grand décalage permanent a comme conséquence de l’amertume, le refus de sa créativité, un comportement dépressif. La personne peut se retrouver dans une coquille incassable et bien trop petite pour elle. Son corps et ses émotions, même si elle s’en est coupée, sont toujours là et la transforme en cocotte-minute prête à explosé à toute contrariété.
La personne est persuadée qu’elle est insensible, invisible aux yeux des autres.

Les 2 masques extrêmes :

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* Il peut prendre la forme d’une carapace.

C’est un écran rigide que nous positionnons entre nous et les reste du monde. C’est une armure inamovible, sans faille. Aucune nuance possible. Dès lors que la personne se sent vulnérable, les relations ne sont plus possibles car elle vit dans la peur d’être démasquée.

Elle crée alors un personnage unique qui est servi tout le temps, à tout le monde, pas de jaloux !
   C’est le rigolo de service, qui est dans l’humour tout le temps quelques soient les circonstances.
   C’est le bon élève, qui joue ce rôle là à fond, tout est toujours nickel, rien de dépasse !
   C’est la personne qui pointe tout ce qui ne va pas, le moindre défaut de chacun, de chaque projet dans toutes circonstances…
Elle n’est plus capable de jouer un autre rôle. Elle n’attend plus rien, aucune réponse satisfaisante des autres !
Souvent hypersensible, cette personne a une perception très fine de son environnement. Mais ne sais pas s’en servir pour se rapprocher des autres. Toute ses perceptions dont elle ne sais pas quoi faire la conduisent à se sentir en insécurité et à se protéger ! Dans ces circonstances, les conditions pour se relier à l’autre sont douloureuses psychiquement, épuisantes, et souvent ressentis comme un envahissement, un intrusion d’où la carapace pour tenir les autres à bonne distance !

* il est en creux, concave, il accueille l’autre !

La personne va alors s’adapter en permanence à l’extérieur comme si elle n’était pas habitée, l’autre prend toute la place. Elle se sur-adapte tellement qu’elle fini par se nier elle-même.
La distance entre elle et l’extérieur n’existe plus. Elle est l’autre, un peu comme un caméléon.
Elle ressent plus ce que les autres ressentent que ses propres ressentis qui finissent par se taire !

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Elle n’exprime jamais sa différence, n’envisage pas de nuancer ce que dit ou pense l’autre ! Il lui est même difficile d’identifier ses propres besoins, désir, de faire des choix. Elle va complètement s’oublier et faire en sorte de ne plus rien avoir à demander aux autres tout en tentant de répondre au mieux aux besoins présumés des autres.
Souvent hypersensible également et très empathique, la personne va très bien percevoir son environnement, les autres personnes. Faute d’avoir appris à géré la distance entre elle et le monde, elle va entrer en résonance complète avec l’extérieur et n’est plus capable de préserver son autonomie émotionnelle, personnelle et va glisser vers une fusion avec la personne en face qui prend toute la place. Elle s’efface au profit de l’autre. Elle est appréciée, puisque copie conforme mais n’est jamais elle-même. Elle a perdu son individualité ! Elle est véritablement dans un piège, elle n’existe plus.
En fait, sa peur d’être rejetée est telle que son fonctionnement est devenus sa stratégie de survie. En quelque sorte, elle devient l’autre !

Pour Jeanne Tissot (Psychologue clinicienne et psychothérapeute),

le faux self, est une « seconde peau » psychique dont on ne peut parfois pas se défaire.

Sources :

 Nathalie Alsteen :
regards-pluriels-haut-potentiel.com
Conférences de Marie-Anna Morand et Monique de Kermadec dans le cadre du sommet douance
Paul Dugué : connectthedots.fr
lesporteusesdesens.com
effervescience.fr

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