Zone d’ombre, de confort, lâcher-prise, biais cognitifs, schémas, automatismes…, autant de notions qui reviennent régulièrement dans le développement personnel (lectures, accompagnements, e-formation…). Mais savons-nous vraiment ce qu’elles signifient ? Certaines semblent désigner la même chose, d’autres sont parfois employées à tort ou de manière interchangeable.
Pourtant, derrière chacune d’elle se cache une façon particulière de comprendre notre fonctionnement.
L’objectif n’est pas de nous coller de nouvelles étiquettes, mais de mieux comprendre ce qui influence nos réactions et nos comportements.
Zone d’ombres
Définition :
C’est tout ce que nous avons refoulé dans notre inconscient par crainte d’être rejeté par notre entourage. Enfant, nous sommes dépendant des adultes pour survivre donc nous « devons » nous faire accepter d’eux. Et nous faisons tout ce qu’il faut pour cela.
Bien souvent, l’ombre est définit comme le côté négatif de la personnalité, les qualités désagréables que nous avons tendance à détester et à cacher bien qu’elles aient leur utilité. Mais elle contient également les talents, qualités non développées que nous avons caché pour nous faire accepter ou par manque d’opportunité de les développer.
« Si nous nions notre peur, nous minimisons notre courage.
Si nous nions notre cupidité, nous réduisons d’autant notre générosité «
Debbie Ford
La nécessité de se bâtir un « moi social » engendre forcément la formation de l’ombre. Plus nous allons nous adapter à la société, à notre environnement plus nous allons nous éloigner de notre vrai personnalité.
« Si nous travaillons à être bien avec tout le monde, nous sommes aimés de tout le monde sauf de nous-mêmes ! » citation attribuée à Blaise Pascal
Ces ombres sont un trésor que nous avons enfouis très profondément en nous. Nous passons notre enfance et nos années de jeune adulte à refouler tout ce qui pourrait faire que nous ne soyons pas accepter. Puis la suite de notre vie à retrouver, reconnaître et tenter de développer ces qualités, talents, et même défauts qui constituent notre vrai personnalité afin de devenir vraiment nous-mêmes !
Tant que nous ne les reconnaissons pas, elles peuvent créer des obsessions ou de projections sur les autres (nous attribuons nos qualités, défaut aux autres). Nos relations sont alors déformées et nous idéalisons, méprisons ou avons peur de l’autre !
Zone de confort
Définition : c’est un espace de statu quo, un stress que nous avons l’habitude de gérer. Dans cette zone, aucun risque que quoi que ce soit ne change.
Rester dans sa zone de confort peut être ennuyeux à la longue mais aucun risque d’aller vers l’inconnu. Le principal problème est la stagnation, l’immobilité, parfois dans une situation désagréable voir toxique.
La zone de confort n’est pas forcément confortable mais elle est connue !
Zone de sécurité
Définition : c’est l’espace, un peu plus étendu que la zone de confort dans lequel nous nous sentons en sécurité. Elle a tendance à s’agrandir puisqu’elle autorise les changements tant qu’ils restent sécurisants.
C’est la zone dans laquelle nous pouvons évoluer sans perdre notre sentiment de sécurité, dans laquelle une certaine dose d’insécurité est gérable.
Nous nous autorisons des défis, challenges. Plus nous apprenons à les gérer, plus notre zone de sécurité s’agrandit. Nous apprenons à nous familiariser avec l’insécurité, et donc à mieux la gérer.
Lâcher-prise
Définition : c’est accepter que nous ne pouvons pas tout contrôler et faire confiance (en nous, les autres, l’environnement)
ex : tu as un examen à venir, tu te prépares du mieux que tu puisses !
Mais tu n’as aucun contrôle sur les questions qui te seront posées. Tu ne peux te préparer qu’a toutes les éventualités auxquelles tu as pensé. Tu n’as pas le contrôle de ce qui va vraiment se passer ni du résultat que tu vas obtenir.
Lâcher prise c’est tout donner pour obtenir le meilleur et accueillir ce qui vient, quitte à améliorer la préparation pour la prochaine fois.
Attention, cela ne veux pas dire abandonner et ne rien faire même s’il y a une possibilité que ça ne fonctionne pas comme nous le souhaitons.
C’est faire la différence entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous afin de mettre notre énergie, notre temps, notre argent… là où nous avons réellement une marge d’action.
Le résultat ne dépend quasiment jamais uniquement de nous mais par contre le travail, l’énergie, le temps que nous y consacrons fera au final la différence. Le résultat escompté n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux pour nous. Le chemin petu devenir enrichissant, instructif et plus intéressant que le résultat souhaité initialement. Et rien de dit que le résultat obtenu, même s’il est différent, ne nous satisfera pas !
Un biais cognitif
Définition : Un biais cognitif est un raccourci mental, généralement inconscient.
Notre cerveau reçoit une quantité considérable d’informations à traiter. Il utilise des raccourcis pour accélérer le processus, un peu comme un court-circuit mental.
Mais en amont, nous sélectionnons les informations :
→ Celles auxquelles nous prêtons attention : les informations que nous retenons ou ignorons parmi toutes celles disponibles.
→ L’importance que nous accordons à ces informations (déjà entendues, vues, marquantes, facile à retenir, jugées en accord ou en désaccord avec notre vision, les émotions que nous avons déclenchées…)
Cela conduit à des erreurs de perception puis de raisonnements, de jugement… ce qui peut entraîner des réponses inadaptées.
Nos biais cognitifs influencent notre façon de voir la vie, nos pensées, raisonnements et nous empêchent de nous ouvrir à ce qui est différent de notre vison.
Une distorsion cognitive
Définition : Une distorsion cognitive est une façon d’interpréter une situation qui déforme la réalité.
Nous allons tirer des conclusions exagérées ou non fondées à partir d’un fait
Il nous arrive à tous d’interpréter une situation de façon excessive, d’en tirer des conclusions hâtives. Nous ne voyons pas la réalité : elle est filtrée par nos croyances, notre état.
Lorsqu’une distorsion se répète, elle peut entretenir des émotions désagréables et influencer nos comportements et donc nous maintenir dans un état activé ou inhibé.
Quelle différence entre biais et distorsions ?
Les deux vont fausser notre perception de la réalité.
Le biais cognitif influence la manière dont nous sélectionnons et traitons les informations.
La distorsion cognitive désigne une manière de penser qui nous conduit à interpréter une situation de façon inexacte ou exagérée.
Pour simplifier : les biais vont nous servir à faire le tri des informations que nous allons traiter ou laisser de coté et ainsi accélérer leur traitement par le cerveau.
Alors que les distorsions déforment notre interprétation de la situation et donc les conclusions que nous tirons.
Un exemple :
Je présente un projet devant 10 collègues. 9 font des retours plutôt positifs et 1 seul émet une critique
Le biais cognitif : sélection des informations
J’accorde beaucoup plus d’attention à la seule critique qu’aux 9 retours positifs.
Biais de négativité : Je donne bien plus de poids à l’information négative.
La distorsion cognitive : conclusion que j’en tire
« Ma présentation était complètement ratée. Je ne suis pas à la hauteur. »
Pensée « du tout ou rien »,généralisation excessive : je tire une conclusion globale et négative d’un seul élément de la situation.
Un schéma
Définition : Un schéma cognitif est un modèle mental que nous avons construit à partir de nos expériences, apprentissages, croyances. Il influence la manière dont nous percevons, interprétons et réagissons aux situations que nous vivons.
Durant l’enfance puis tout au long de notre vie, nous vivons des expériences. La façon dont nous allons réagir et les réponses que nous allons recevoir de notre entourage, notre environnement, vont façonner notre vision de nous-mêmes, des autres et du monde.
Notre cerveau analyse et organise toutes ces informations de manière à répondre le plus rapidement et efficacement possible aux futures expériences (sens que nous donnons et comportements que nous adoptons).
Nos schémas ne sont ni bon, ni mauvais, ils nous permettent de réagir rapidement face aux nouvelles situations que nous rencontrons. Et ainsi, ils continuent d’évoluer (en fonction des expériences, de nos réponses et des conséquences de ces réponses).
Certains schémas peuvent nous empêcher d’aller où nous voulons aller, de faire ce que nous avons envie... car nous continuons à interpréter ce que nous vivons à travers les filtres que nous avons créer jusqu’à aujourd’hui.
La bonne nouvelle, c’est que ces fonctionnements ne sont pas innés mais acquis donc ils peuvent se modifier s’il deviennent trop gênant pour nous.
Le schéma cognitif est un peu la manière dont nous avons appris à interpréter les situations et la façon dont nous y réagissons.
Mécanisme de défense ou de protection
Définition : ce sont toutes les stratégies que nous avons, inconsciemment, mis en place pour nous protéger d’une souffrance ou un difficulté. Ce sont des décisions non conscientes que nous avons prises suite à une situation (et surtout à comment nous avons vécu cette situation et ses conséquences.)
Ainsi, nous avons construit notre système de croyances,
Nous restons fidèle à des messages d’autorité du passé,
Nous réagissons par automatisme et avons un Etat « préféré »
- figement : nous pouvons être dans l’évitement ,
- fuite : humour, intellectualisation, déni ou tout autre « rôle » que nous jouons pour ne pas être nous-mêmes dès que la situation nous insécurise,
- combat : sur le qui vive, prêt à en découdre physiquement ou verbalement…
Nous nous sommes fabriqué masque que nous utilisons tout le temps.
En fait, ce sont toutes les stratégies que nous avons mis en place pour nous protéger à un moment de notre vie ou face à une situation et qui deviennent gênantes car aujourd’hui, pas utilisées à bon escient. Elles nous empêchent de vivre pleinement !
Un automatisme
Définition : Le mot ‘automatisme’ vient du grec ‘automatos’ qui signifie ‘qui agit de soi-même’ . Terme apparu en français au XIXe siècle pour décrire des mécanismes fonctionnant sans intervention humaine directe. Allo dico
En psychologie : on va désigner par automatisme, un geste, une pensée, une émotion, un comportement… qui est spontané et involontaire. Il intervient en réponse à une situation avant même que nous ayons conscience de ce qui se passe vraiment.
Théorie Polyvagale : nous allons avoir une réaction automatique différente selon l’état dans lequel nous sommes.
Exemple
Face à une personne, une situation, selon si notre corps (y compris cerveau et 6ème sens) nous sens en sécurité ou non, nous pouvons être
→ en connexion et ouvert
→ en réaction
♦ soit fermé en mode inhibition
♦ soit activé, sur la défensive, prêt à l’attaque ou à la fuite.
Nous avons tous un état qui nous est plus familier que les autres. Il nous a permis de nous protéger. Notre corps va privilégier les réactions de cet état car c’est ce qu’il connaît le mieux, c’est rassurant. Réagir toujours de la même façon, c’est gagner de l’énergie, du temps ne pas prendre de risque, l’inconnu est plus risqué que le connu !
Nous avons donc tous des réponses automatiques dans / face à certaines situations. Elles font partie de nous, nous n’en sommes plus conscient, nous avons tendance à les appeler tempérament, caractère…
Même si certaines nous gênent, notre système nerveux va tout faire pour nous protéger et rester efficace (on ne change pas quelque chose qui fonctionne).
Différencier les 3 :
Exemple
Mon supérieur me demande de rester plus longtemps alors que j’avais prévu quelque chose d’important.
Le schéma cognitif : la manière dont nous j’ai appris à interpréter une situation et la façon dont j’y réagis.
« Si je refuse, je vais décevoir. On va penser que je ne suis pas quelqu’un de fiable. »
Le mécanisme de protection : Ce que je fais pour éviter une situation inconfortable.
Je cherche à éviter le conflit, la désapprobation ou la culpabilité (je fais passer le besoin de l’autre avant les miens).
L’automatisme : La réaction qui se déclenche par habitude.
Je réponds immédiatement, « Oui, pas de problème ! », sans même réfléchir à mes propres contraintes .
Apprendre à les reconnaître, c’est commencer à comprendre pourquoi je réagis parfois d’une manière qui ne correspond pas à ce que je souhaite vraiment.
Nos expériences nous ont amenés à développer des stratégies pour nous adapter à notre environnement. Il en découle des croyances, schémas, comportements habituels.
Ces mécanismes ne sont pas des problèmes à résoudre. Nous les avons mis en place pour nous protéger dans certaines circonstances. Ils nous permettent de gagner du temps (d’analyse et de réaction), de faire face aux situations que nous rencontrons.
Mais certains peuvent devenir contraignants lorsqu’ils nous conduisent à réagir toujours de la même manière, même lorsque cela ne correspond plus à nos besoins ou aspirations.
Une question essentielle se pose: si notre perception est influencée par nos croyances, biais, schémas, automatismes, comment savoir si ce que nous pensons correspond réellement à ce qui se passe ?
Prochain article : Est-ce que tout ce que je pense est vrai ?


