Nous entendons souvent parler de Confiance en Soi, beaucoup moins d’Estime de Soi. Pourtant, elle est derrière bon nombre de nos difficultés quotidiennes (besoin d’approbation ou difficulté à dire non).
Connais tu la différence entre l’Estime de Soi et la Confiance en Soi ? Les 2 notions sont souvent confondues. La Confiance est une des composantes de l’Estime !
Un manque de Confiance est lié au contexte. Pour l’Estime c’est plus profond. Cela touche à la perception que nous avons de notre propre valeur.
En comprenant mieux ces notions, leurs fonctionnements, il est possible de les faire évoluer. Elles se transforment en fonction des expériences que nous traversons.
Quelle est la différence entre estime de soi, confiance en soi et image de soi ?
L’image de soi c’est le regard que tu portes sur toi ! Elle est le résultat de l’évaluation que tu fais de tes forces, faiblesses, selon tes propres critères. Il n’est donc pas question de réalité mais de conviction !
Elle est influencée par ton environnement (famille, entourage, collègues, réseau, l’image que tu as de toi, que tu penses envoyer aux autres, que tu aimerais atteindre…)
Si notre Image de Soi n’est pas bonne, nous aurons sans cesse besoin des plaire, d’être confirmer par les autres.
La confiance en soi, c’est te sentir suffisamment sécure pour croire en ta capacité à faire face à toutes les situations que tu pourrais rencontrer, pour prendre soin de toi.
Elle varie selon les domaines de vie, selon des expériences que tu rencontres.
L’estime de soi, elle est plus profonde : c’est, à la fois, comment tu te vois et est ce que tu aimes ce que tu vois ?
Plus la distance entre ce que tu penses faire, dire ou être et ce que tu aimerais, souvent idéalement, faire dire ou être est grande plus ton estime est fragilisée.
L’image de soi et la confiance en soi avec l’amour de soi sont les composante de l’Estime de soi !
Est-ce que mon passé explique mon manque d’estime de moi ?
Oui, bien sur mais ce n’est pas une fatalité ! L’estime de Soi se « muscle », s’entretient !
Tu as pu entendre des remarques, être comparé, humilié… Tu as pu manquer de sécurité affective et penser que tu ne méritais pas plus…
Mais aujourd’hui, la situation est elle la même ?
Alors pourquoi rester fidèle à ce passé et te condamner à l’immobilisme ?
Ex : Si ton système nerveux a appris que montrer qui tu es vraiment était dangereux, il continuera à te protéger en t’empêchant de prendre ta place. Rien ne t’empêche de comprendre ce fonctionnement et de décider de faire autrement à partir de maintenant !
L’estime de Soi se « muscle », s’entretient !
Par des petit gestes réguliers, tu peux la soutenir, la faire grandir !
Pourquoi je cherche toujours la validation des autres ?
L’homme est un être social, il a besoin des autres, du contact avec les autres pour vivre de façon équilibrée. Nous avons besoin d’être acceptés. Dans les temps anciens, être exclu du groupe signifiait que notre survie était compromise. Nous en avons gardé une peur (archaïque) de l’isolement !
Notre système nerveux reste aujourd’hui encore sensible à la critique, au rejet. Notre histoire peut exacerber cette peur. Nous sommes alors plus soucieux du regard des autres, de ce qu’ils pourraient penser de nous, nos idées, nos gestes…
Si ton estime est fragile, tu vas chercher à l’extérieur ce que tu n’arrives pas à te donner toi-même. La reconnaissance, de nombreuses autorisations, la preuve que tu es « assez », ta valeur….
Le problème est que dès que l’autre reste neutre ou n’est pas d’accord avec toi, tu te sens remis en question, tu te sens rejeté et peut rejeter l’autre ! Il devrait toujours être en accord avec toi, te valider mais ce n’est pas possible car il a sa propre vision, son propre vécu, ses propres idées…
De plus tu es très prompt à te dévaloriser, minimiser tes réussites donc tu as toujours besoin de la validation des autres. En plus, elle ne dure pas car dès que tu bouges, fais autre chose, changes de conversation… tu as de nouveau besoin d’une nouvelle validation !
C’est sans fin !
La seule issue est de t’observer plus objectivement et pas en passant ton temps à te dénigrer. Tu ne rates pas tout ce que tu fais ! Tu as déjà avancé, réussi de nombreuses choses ! Arrête de te minimiser
Pourquoi je me compare sans arrêt aux autres ?
Aujourd’hui, entre le monde du travail qui nous demande de la rapidité, de la productivité à la place du qualitatif, les réseaux sociaux qui nous montre des images lissées, des réussites, des victoires sans nous montrer l’envers du décor, les difficultés, les échecs, les obstacles quotidiens… il devient difficile de ne pas se comparer aux bons résultats des autres !
Généralement, lorsque tu te compares aux autres, c’est que tu n’es pas satisfait de toi, de ce que tu vis, de tes résultats. On ne peut pas dire que la comparaison entre ton arrière scène et l’avant scène abouti des autres te permet d’aller mieux ou de consolider ton Estime de toi.
Le problème n’est pas tant la comparaison mais ce que tu compares !
Derrière la réussite apparente, combien d’itérations ? Combien de nuits blanches ? Combien d’envie de tout abandonner ? Combien de changement de direction ? Tu ne le sais pas, tu ne le vois pas, pourtant ils ont vécu cela et, ils le vivent encore !
Mais en regardant les choses en face, est ce que ce n’est pas ce que tu cherches : confirmer que tu n’es pas capable, que tu ne peux pas y arriver ? Évidemment, tu ne le fais pas consciemment, heureusement d’ailleurs ! En fait ton système nerveux cherche à te protéger et te garder dans ta zone de sécurité. Si tu n’as pas une bonne image de toi, une bonne estime, tu ne vas pas te lancer dans des projets nouveaux, qui te sortiraient de ta zone de sécurité et te mettraient dans l’inconfort.
Pourquoi est-ce que je vois davantage mes défauts que mes qualités ?
Plusieurs hypothèses :
♦ Pour assurer notre survie, notre système nerveux repère les dangers afin de mieux nous protéger. De plus les informations « négatives » sont traitées prioritairement et par plusieurs zones du cerveau. Une critique de la part de quelqu’un d’autre ou de toi va être prioritaire et prendre beaucoup plus de place que 2 ou 3 compliments ! Nous sommes câblés pour être plus attentif à ce qui est considérer comme « négatif ». Cela porte un nom : le biais de négativité. Les médias s’en servent largement !
♦ A l’école, parfois à la maison, puis dans le milieu professionnel, nous avons appris qu’il fallait s’améliorer, encore et encore. Pour pouvoir camoufler efficacement nos défauts ou les corriger, il faut les connaître, les repérer. Donc nous nous concentrons sur cette détection.
♦ Ce qui est estimé comme « positif », certaines qualités sont considérés la norme. Et donc ça ne se repère pas ! Tu as remarqué, tu fais une erreur dans ta journée et tu la pointes du doigt, les autres la pointent également, alors que tout le reste était ok. Notre société aime mettre en valeur les erreurs, les échecs, c’est la preuve que l’autre n’est pas aussi parfait que nous le croyons. Ça nous rassure.
Le retour de bâton est que tu repères tes propres erreurs, tes défauts car il ne faut pas les montrer, il ne faut pas que les autres s’en aperçoivent !
Et à ce jeu là, ton Estime en prends un coup à chaque fois, alors que l’erreur, la non-réussite, les défauts sont normaux.
Et d’ailleurs, c’est quoi un défaut ?
Derrière chaque défaut se cache une qualité, derrière chaque qualité, se cache un défaut ! Entre les 2 un curseur.
Quelle est la qualité cachée derrière de défaut que tu pointes ?
Ex : tu es maniaque ! Ok c’est super chiant pour ton entourage, mais tu es méticuleux tu sais faire des choses précises, propres, tu es organisé…
Où place tu le curseur ? Dans quelle circonstance ?
Est ce que tu peux lâcher du leste ? Est ce que cela te convient comme cela ?
Est ce que ton défaut nuit à tes relations ? T’empêches de faire certaines choses ?
Quels avantages tu y trouves ?
Si quelqu’un que tu aimes avait exactement tes qualités et tes défauts, est-ce que tu porterais sur lui le même jugement que tu portes sur toi ? Est ce que tu serais aussi critique ?
Pourquoi est-ce que je doute de moi alors que, objectivement, je sais que je suis capable ?
Si tu regardes ta vie jusqu’à aujourd’hui, des réussites tu en as eu, des obstacles tu en as passé, des moments difficiles, tu en as traversé et tu es toujours en vie !
Mais cumuler des réussites, traverser des épreuves ne suffit pas toujours à se sentir « assez ». Tu sais parfaitement que tu es capable et pourtant tu doutes, tu n’y vas pas !
Pourquoi ?
→ Parce que la confiance en soi n’est pas qu’une accumulation de preuve palpable, ça ressemble plus à un ressenti.
Lorsque tu échoues, tu vas ressentir que tu n’es pas à la hauteur même si dans les fait ce n’est pas complètement vrai, tu as pu rencontrer des difficultés que tu n’as pas bien négociés, un concours de circonstance ne t’as pas aider. Il ne s’agit pas là de ne pas prendre ta part de responsabilité dans ton échec mais de voir que c’est un ensemble. Et ça tu ne vas pas le faire, tu vas juste considérer cela comme une insuffisance de ta part !
Lorsque tu réussis, tu peux considérer que c’était facile, que tu as eu de la chance, que tu n’as pas mérité cette réussite, que d’autres t’ont aidés… et tu minimises ton succès et le chemin parcouru, tout ce que tu as été capable de mettre en place.
→ Parce que tu n’as jamais testé réellement ce que tu as appris et tu sais qu’entre la théorie et la pratique il y a un monde ! Alors que tu oublies que tu es capable d’adaptation.
→ Ou tu veux réussir à la première itération sans te tromper, sans erreur, sans défaut. Tu sais pourtant que c’est quasi impossible, et que c’est comme cela que ton projet se perfectionnera !
→ Ou encore tu as peur d’être jugé ou de décevoir ! Souvient toi que ton pire juge, c’est toi !
La vrai question serai plutôt est ce que tu doutes de tes capacités
ou est ce que tu as peur de ce qui pourrait se passer si tu n’y arrivais pas ?
De ce qui pourrait se passer si tu y arrivais ?
Pourquoi ai-je tant de mal à dire non ?
Et si la vrai question était plutôt quelle valeur j’accorde à mes besoins ?
En ne considérant pas tes propres besoins, tu considères que ceux des autres sont plus importants que les tiens.
Est ce que pour toi dire non c’est :
= décevoir ?
= être égoïste ?
= risquer un conflit ?
= risquer d’être rejeté, mis de coté, de déplaire, d’être critiqué ?
= ne pas être quelqu’un de bien ?
A l’école, et parfois à la maison, tu as appris que pour être une bonne personne il fallait être gentil, serviable, facile à vive. Plus tard, tu as appris qu’il fallait être disponible, là pour les autres.
Tu as pu te construire en croyant que tu avais de la valeur que si les autres avaient besoin de toi. Donc dès qu’ils ont besoin, tu accours !
Que ressens tu lorsque tu dis oui ?
Tu te sens utile, tu es fier d’éviter le conflit, de rendre service, tu attends de la reconnaissance,
Quel est le coût de ce oui ?
A quoi as tu renoncé ? (journée en famille, sortie entre copines, journée de repos dont tu avais bien besoin…)
Quelles émotions as tu ressenti ? (frustration, colère envers toi-même, celui qui t’a demandé, déception d’avoir encore une fois dit oui alors que tu souhaitais dire non)
Que ressentirais tu si tu osais dire non ? Fierté ou culpabilité ?
Ton système nerveux préserve peut être tout simplement ta sécurité relationnelle. Ta peur archaïque de l’isolement prend le dessus et tu rends service pour qu’on t’aime, qu’on ne te rejette pas.
Sauf que dire non à une demande n’est pas rejeter la personne. C’est simplement se dire oui à toi-même, à tes besoins.
Ton estime se construit dans le regard que tu portes sur toi-même. Dans toutes ces petites décisions du quotidien : reconnaître tes réussites, accepter tes imperfections, écouter tes besoins, oser dire non…
Comprendre d’où viennent tes difficultés est une première étape. Mais l’estime se nourrit aussi de la façon dont tu te traites et te respectes aujourd’hui.
Et c’est justement ce que nous allons explorer dans le prochain article : comment notre estime influence nos relations et comment, concrètement, la renforcer.
Pour aller plus loin :
Un petit livret pour (Re)gonfler ton estime : 7 chapitres = 7 semaines de travail guidé


