Tu as découvert les quatre états du système nerveux, « concrètement, qu’est-ce que cela change dans ta vie ? »
Pourquoi certaines personnes te mettent-elles mal à l’aise ?
Comment savoir si mon système nerveux est dérégulé ?
Peut-on vraiment apprendre à retrouver un état de sécurité intérieure ?
Dans cet article, je réponds aux questions les plus fréquentes afin de t’aider à faire le lien entre la Théorie Polyvagale et ton quotidien.
Pourquoi certaines personnes me mettent immédiatement mal à l’aise alors que d’autres m’apaisent ?
Notre système Nerveux cherche en permanence à savoir si tu es en sécurité ou non
Une personne qui est sécure est perçue comme un signe de sécurité.
Par contre une personne qui est en mode combat, fuite ou inhibition va mettre ton système en alerte. Si tu n’es pas bien régulé toi-même, tu vas passer dans notre mode de protection pour te défendre. Dans ce mode de fonctionnement, tu vas ressentir des émotions (peur, agacement…), sensations de corporelles tel que crispations, gène, sudation…
Et tu vas dire, » je ne le sens pas », « il a quelque chose qui me gène », « je me sens mal à l’aise en sa présence »…
En fait, nos système nerveux s’insécurisent mutuellement. Nous appelons cela la dérégulation. L’insécurité de l’autre nous dérégule. Ou notre insécurité dérégule l’autre.
Bien sur, il peut arriver que la personne face à nous soit réellement dangereuse et notre corps sait et nous envoie des signaux. Mais avouons le, la plupart du temps, nous avons juste à faire à la rencontre de deux systèmes nerveux insécures.
Je suis certaine que tu connais cette situation où quelqu’un te met mal à l’aise alors que tu ne le connais pas, ou encore ce collègue qui casse l’ambiance juste par son arrivée ou son premier mot… !
Lorsque nous rencontrons une personne qui nous apaise, avec laquelle nous nous sentons bien, c’est qu’elle est sécure, en mode ventral. La personne nous co-régule et nous nous sentons apaisé.
C’est uniquement lorsque notre système nerveux est régulé que nous pouvons établir de vraies relations, authentiques.
Comment savoir si je suis dérégulé (si mon système nerveux est dérégulé) ?
♦ Est ce que j’arrive à revenir au calme rapidement après un coup de stress ?
En ventral, tu es bien, apaisé, détendu… capable de revenir au calme rapidement
♦ Est ce que j’ai besoin de souvent m’isoler pour récupérer de mes journées ?
En dorsal, tu es rapidement et facilement fatigable, défaitiste, tu manques de motivation…
♦ Est ce que j’évite beaucoup de situations qui me mettent mal à l’aise ?
♦ Est ce que je m’énerve souvent, est ce que je suis catégorisé comme colérique ?
En sympathique, tu es sur le qui-vive, en alerte permanente prêt à réagir (colère, agressivité ou fuite)
Il y a de nombreux signes mais chacun a ses propres réactions selon les expériences traversées ce qui a déjà fonctionné ou pas. Tes états (ventral, sympathique et dorsal) entraînent des comportements, émotions, sensations corporelles, idées, pensées…
Lorsque tu restes longtemps dérégulé, tu peux connaître un épuisement de tes réserves d’énergie et rendre encore plus difficile la régulation de ton système nerveux.
→ Une fatigue qui persiste malgré une nuit de récupération. Tu as l’impression d’être vidé et n’arrive pas à récupérer, à te faire plaisir, tu n’as plus goût à des activités qui pourtant te ressourceraient.
→ un système toujours en alerte : tu sursautes, observes beaucoup ton environnement, les personnes qui t’entourent, scrutes les moindre changements.
→ tu as souvent des réactions émotionnelles intenses : un rien te fait venir les larmes aux yeux, ou déclenche une colère. Ou au contraire, tu peux être désabusé, comme si tu ne ressentais plus rien, que tout t’es indifférent.
→ tu procrastines : soit tu ne fait rien, plus d’énergie pour cela soit tu es toujours débordé mais tu n’avances pas sur ce qui est important, ce que tu veux vraiment. Il y a toujours autre chose qui se présente et retient ton attention.
→ tu as des tensions musculaires, des douleurs, des inconforts voir troubles (épaules, genoux, ventres, mâchoires serrées, maux de tête…) tu peux t’enrhumer (ou autres petites infections) facilement, souvent.
→ tu n’arrives plus à te détendre, te faire plaisir, tu n’as pas connu de vrai joie depuis longtemps. Tu rumines ce qui s’est passé, t’inquiète de ce qui pourrait arrivé (envisages toutes les possibilités négatives que ton esprit peut imaginer)
→ il t’es plus difficile de trouver les solutions, des idées : ta créativité est réduite
→ tes relations sont distendus : tu fuis les autres pour te protéger, les interactions te fatiguent ou les autres te fuient car ce n’est pas facile de côtoyer quelqu’un toujours en colère, ou trop effacé.
Comment retrouver un état de sécurité intérieure ?
La sécurité intérieure n’est pas dans ta tête mais bien dans ton corps. Il ne suffit pas de t’astreindre à penser de façon positive !
C’est un état physiologique proche de ton homéostasie (point d’équilibre de ton fonctionnement).
→ Je dirais que le premier point pour retrouver sa sécurité intérieure est de la reconnaître.
♦ Remémore toi un bon souvenir, quelque chose qui t’a rempli de joie (pas un débordement de joie où tu sautes partout sinon tu va passé en sympathique), de satisfaction, un moment où tu étais fier de toi.
♦ Remet toi dans ce moment. Revis le sans jugement, juste pour le revivre.
♦ Observe ce que tu ressens comme émotions, sensations physiques, quelles sont tes pensées…
→ Pour revenir à ton état de sécurité intérieure, tu peux refaire cet exercice et, quand tu es bien dedans, que tu es conscient de tes ressentis, prend « une photo virtuelle » : décide de mémoriser ces sensations dans ton corps. Si tu as besoin, tu peux légèrement tapoter ton corps pour que ta tête prenne conscience et mémorise ce que ton corps ressent à ce moment là.
→ Tu peux faire cet exercice de revenir à la paix 1 fois par jour (ou plusieurs fois si tu le souhaites). Tu vas voir, il durera de moins en moins longtemps et, bientôt, tu n’auras plus besoin du support du souvenir.
Tu peux changer de souvenir à chaque fois si tu le souhaite.
Quelques petites astuces rapide mais dont l’effet ne dure pas forcément longtemps :
le soupir : pour que le cerveau prenne conscience du relâchement, tu peux monter tes épaules à l’inspiration et tout relâcher au moment du soupir.
Des cycles de respiration qui occupent ton cerveau : le fait de te concentrer pour compter ou pour observer les mouvements de ton corps, ou pour suivre le flux de l’air oblige ton cerveau à se couper de ce qui le préoccupait.
La méditation ou relaxation : tu peux faire un scan de ton corps : tu observes ce qui se passe dans chaque partie de ton corps, sans jugement, juste pour te rendre compte. Si tu le souhaites, tu peux envoyer mentalement ta respiration sur les zones tendues, modifier ta position pour voir si elles peuvent se détendre.
Pour les cycles de respiration et relaxations, tu peux trouver de nombreux audio ou vidéo sur YouTube.
Une balade dans la nature, observe ce qui se passe autour de toi !
Une activité qui te procure de la joie, du plaisir... qui te fait du bien.
Et je suis certaines que tu as de nombreuses autres ressources que tu utilises déjà mais pas forcément consciemment
Et si tu es en mode Dorsal, une petite mise en mouvement s’impose : sortir dehors pour bouger un peu, sautiller sur place, danser … ce que tu aimes mais avec un peu de mouvement !
N’oublie pas, tu n’es pas un moine bouddhiste, tu ne va pas rester dans un état de paix 24h/24. En plus, ce serait un peu ennuyeux. Le tout est de s’entraîner régulièrement, 2 ou 3 exercices par jour.
Pour que ton corps s’habitue et accepte cet état comme état de référence.
Pour que tu puisses y revenir à la demande quand tu en as besoin. Si tu ne t’entraînes pas quand tout va bien, tu ne saura pas y revenir au moment où tu en as besoin, voir tu n’y penseras même pas.
Ça doit rester simple, facile et te prendre peu de temps.
Observe les changements juste pour en prendre conscience. Ton cerveau a besoin de voir que ça fonctionne pour ne pas te faire passer à autre chose.
Est-ce que je peux vraiment apprendre à contrôler mon système nerveux ?
Non, et ce n’est pas souhaitable : il est là pour assurer ta survie. Il fonctionne en automatique pour te maintenir en vie.
Ce que tu peux modifier, c’est la façon dont tu vas répondre aux différents événements. En cultivant ton retour à la paix, au calme pour pouvoir choisir le comportement le plus adapté à la situation. Mais tu dois savoir qu’il va toujours réagir instantanément avant que tu sois conscient de la situation qui se déroule. Tu as besoin de connaître tes fonctionnements, les premiers signaux pour savoir quand tu t’actives et décider de fonctionner autrement.
Tu ne changes pas son système nerveux, tu modères ses réponses.
Pour cela il y a plusieurs phases :
♦ l’observation : tu observes ta façon de réagir (émotions, ressentis du corps, idées, comportements…)
♦ la compréhension : tu comprends dans quel état tu es en train de renter
♦ les itérations : tu va essayer des ressources et voir ce qui fonctionne pour toi ou pas.
♦ La répétition, l’entraînement aux différentes ressources est la base. (voir la question précédente)
Tu ne vas pas supprimer tes émotions : elles sont un indicateur précieux pour te signifier que tout va bien ou qu’il y a quelque chose qui ne te convient pas. Et ainsi tu vas pouvoir ajuster ton comportement pour que la situation te convienne mieux.
Tu ne vas pas rester zen h 24, c’est quasi impossible et est ce que c’est vraiment ce que tu veux ?
Tu ne vas pas ne plus connaître de stress mais avoir les cartes en mains pour mieux le gérer. Le stress est une réponse normal face à un changement, il permet au corps de s’adapter.
Pourquoi je comprends ce qui m’arrive… mais je ne réussi pas à changer ?
Intellectuellement, tu comprends, mais ça ne passe pas dans la matière. Il reste un truc qui bloque. En fait, c’est ton système nerveux qui te protège. Pour changer il faut aller vers la nouveauté, l’inconnu. Le problème est qu’il considère l’inconnu comme plus dangereux que ce que tu vis à l’heure actuelle. Donc pour te protéger, il t’empêche d’y aller.
Ce n’est pas un manque de volonté ou de motivation mais de sécurité intérieure.
Ce n’est pas un manque de volonté ou de motivation mais de sécurité intérieure. Si le changement, l’inconnu te met en insécurité, tu vas d’abord devoir apprendre à te sécuriser, enseigner à ton système nerveux que tu peux faire autrement et que ce n’est pas si dangereux qu’il le croit. Même si tu as connu des échecs par le passé et qu’il met en place ce comportement pour t’empêcher de connaître de nouveau la souffrance que tu as connu à ce moment là, tu peux lui apprendre, par petite touche, que tu peux aller dans l’inconnu sans que ce soit douloureux pour autant.
Ceci dit, la compréhension de tes schémas est la première étape. Tu ne peux rien modifier tant que tu n’es pas conscient du problème !
Par la suite, c’est l’entraînement à revenir à la sécurité puis l’expérimentation qui vont débloquer les choses.
Cela peut prendre un peu de temps. Tu auras peut-être besoin d’un soutien ou de te faire accompagner (pour tenir le temps du changement ou traiter un traumatisme ou des blocages (loyautés, croyances que tu as mis en place de façon inconsciente).
Ce n’est pas par ce que cela prend du temps et demande de l’énergie, de l’implication de ta part que c’est impossible. Et même si tu ne vas pas au bout, tu auras déjà apporté du changement. Et cela se verra.
Mais soyons honnête, si tu regarde en arrière, si tu observes d’où tu es parti et ce que tu vis maintenant, il y a déjà eu du changement ! N’est ce pas ?


