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Comment notre système nerveux influence nos relations ?

Ton système nerveux pilote tes relations
(et tu n’en as pas toujours conscience)

Notre système nerveux scanne en permanence notre environnement et les personnes qui s’y trouvent pour répondre à une seule question : Suis-je en sécurité ?

A quoi ressemble le mode « sécure » ?

Le mode sécure est celui qui nous permet d’entrer vraiment en lien car c’est le seul où nous sommes nous-mêmes et suffisamment apaisé pour accepter l’autre tel qu’il est. C’est notre état naturel mais un grand nombre d’entre nous s’en sont éloignés.
Nous n’avons pas besoin d’utiliser notre énergie pour nous protéger, nous sommes bien, confiants, ouverts, présent. La communication et la coopération sont fluides, faciles. En effet, nous nous exprimons aisément sommes capable d’une vraie écoute. Notre ton est doux, notre regard chaleureux, nous sommes détendus, bienveillant…

Un petit exercice :

Repense à un beau souvenir (moment de partage en famille, couché de soleil, câlin à ton animal préféré…).
→ Qu’est ce que tu ressens (émotions) ?
→ Qu’est ce que tu sens (corps, 5 sens, respiration…) ?
→ A quoi tu penses ?

T’es tu déjà senti apaisé par la présence d’une autre personne ou est ce que tu apaises les autres ? Cela s’appelle la corégulation. Ton énergie, ton état (appelle le comme tu veux) apaisé calme les autres et inversement. C’est contagieux comme le rire.

Dans cet état là, nous vivons contrairement aux autres modes « survie » !

Bien sur même si notre système nerveux est bien régulé, nous ne passons pas notre temps dans cet état (Vagal Ventral en Théorie Polyvagale). Mais nous arrivons à revenir au calme rapidement. Et ainsi à maîtriser nos réactions.
Le fait que notre système nerveux soit régulé ou dérégulé dépend des expériences que nous avons traversé mais aussi et surtout de comment nous les avons vécues, ce que nous avons retenu émotionnellement, dans notre corps (crispation, peurs…).
Si nous avons aujourd’hui un système dérégulé, c’est que nous avons, peu à peu, déplacé notre homéostasie au fil de nos expériences. La bonne nouvelle est que nous pouvons réapprendre à le réguler. Et ainsi revenir plus souvent au calme tout en apaisant nos souffrances car c’est bien elles qui nous font réagir voir sur-réagir.

Lorsque que notre système est dérégulé, nous passons en mode protection car notre système nerveux nous sens en insécurité. Les réponses que nous avons mis en place pour nous sortir des situations difficiles du passé, si elles ont bien fonctionné (pour notre système nerveux) vont devenir nos réponses automatiques. Elles peuvent être différentes selon le domaine de vie concerné. Nous pouvons avoir un type de réaction dans le milieu professionnel et un autre avec notre conjoint, ou réagir toujours de la même façon.

Les trois grandes réponses de protection

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Couper le lien, fuir un échange, se fermer ou s’énerver n’est pas synonyme d’ “immaturité” ou “mauvais” comportement mais plutôt le signe que nous sommes en train de nous protéger comme nous pouvons.
Quand nous nous protégeons, notre visage est plus fermé, notre voix est soit inaudible soit brusque, notre corps est tendu voir crispé.
Nous pouvons nous figer et bloquer en mode « inhibition » ou nous activer en mode « combat » ou en mode « fuite ».

Si nous privilégions notre système sympathique (celui qui active) notre corps se prépare à nous défendre ou à fuir. Notre respiration et les battements de notre cœur s’accélèrent. Notre sang afflue vers nos muscles…

En mode « combat », nous allons vouloir contrôler les autres, notre environnement… Nous cherchons à nous imposer, à imposer nos idées, à rallier les autres à notre façon de voir les choses sans nous soucier ce qu’ils peuvent penser, vivre.
Nous voulons avoir raison coûte que coûte, prendre toute la place et tant pis pour les conséquences ! Nous provoquons volontiers et nous nous mettons en colère dès que nous sommes contrariés, dès que nous n’avons pas le contrôle de la personne ou de la situation.
Nous sommes en sur-réaction à tout ce qui se passe à l’extérieur ou même à l’intérieur (douleur, émotion…)

Ce comportement est épuisant
→ pour nous : nous dépensons beaucoup d’énergie à combattre tout le monde tout le temps ou presque.
→ pour les autres : ils n’ont pas envie de se faire mal mener, d’être contrôlé, de se faire « contaminer » par notre mauvaise humeur … Peu à peu, ils nous fuient, s’éloignent, voir ils ont peur de nous.

En mode « fuite », nous allons éviter certaines personnes, certaines situations (ceux/ ce qui nous insécurise). Nous avons tendance à être gentil, à tout faire pour éviter les conflits, à nous sur-adapter pour faire plaisir, aider les autres sans même qu’ils aient demandé quoi que ce soit !
Le but inconscient est de ne pas nous retrouver dans une situation que nous ne saurions pas gérer. En cas de conflit, nous ne savons pas recréer le lien et donc ne savons pas revenir. Nous devons, donc, à tout prix le conserver.
Nous intériorisons toutes nos émotions, nos colères comme nos moments de joie.
Nous évitons toute souffrance en ignorant que la souffrance fait parti de la vie et que quoi qu’il arrive nous ne pouvons pas l’éviter. Mais cela nous isole, nous enferme.

Ce comportement est une source de grandes frustrations : nous ne sommes jamais nous-mêmes. Nous nous isolons en évitant tout ce qui nous insécurise, nous ne montrons rien, n’entreprenons rien.
Personne ne nous connaît vraiment, la confiance ne peut pas s’établir, le lien ne se fait pas ou du moins il reste superficiel.

Si nous privilégions le système parasympathique (celui qui inhibe, qui calme), nous passons en mode figement. Notre amplitude respiratoire diminue voir devient presque imperceptible, notre rythme cardiaque ralenti…

En mode « figement », nous nous replions sur nous, nous coupons des autres, de notre environnement voir de nous-mêmes. Nous ne disons plus ce que nous pensons, avons du mal à agir. Nous sommes au ralenti, en retrait, vite fatigué car nous avons peu d’énergie et devons donc l’économiser.
Nous ne sommes pas en mesure de nous défendre ou de fuir, notre corps est trop ralenti, nous allons chercher à passer inaperçu, ne pas déranger, donc ne pas demander d’aide, ne pas faire de bruit pour ne pas être repéré et stimulé…

Dans ce mode là, nous ne pouvons pas créer de lien, ni l’entretenir : Le fait d’éviter tout ce qui nous demande de l’énergie nous isole. Nous nous sentons sans force, sans intérêt, n’avons pas envie de bouger, nous nous enfermons. Les autres comme notre environnement sont source d’insécurité.

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Ces réactions ne sont pas absurdes, elles nous protègent !

En tout cas, par le passé, elles nous ont protégées des émotions fortes, du rejet du groupe ou de la communauté, des douleurs. Et comme nous avons survécu, notre système nerveux, qui est là pour assurer notre survie a appris que cela fonctionnait donc s’en sert pour nous protéger encore aujourd’hui.
Le danger n’est pas forcément réel mais la réaction automatique est toujours là et nous empêche de vivre la vie que nous souhaitons et ne permet pas d’instaurer une relation de confiance.

Ces réactions abîment nos relations

Elles nous empêchent d’être vraiment nous-mêmes, d’être authentique. Nous ne nous sentons pas en sécurité dans nos relations donc pas vraiment présent, en lien, plutôt en recherche d’un faux pas de l’autre. La connexion n’est pas là, la réciprocité n’est pas possible. La confiance ne peut pas s’installer.
Exemple : si je dis toujours oui, que je rends toujours service, que je m’adapte en permanence… les autres peuvent exagèrer, me solliciter souvent. Ils ne se rendent pas compte de mes frustrations, colères non exprimées. Et je m’épuise, continue pour éviter les conflits, la culpabilité, le rejet… Mais je ne me respecte pas ! Et personne ne sais qui je suis vraiment hormi la personne toujours là pour aider ou faire à la place de…
À l’inverse, si j’explose à chaque fois que quelque chose me contrarie, les autre finissent par déserter, me fuir pour ne pas subir les foudres. Certaines relations sont basées sur la peur. Pas sûr qu’elles soient très enrichissantes !

Comprendre notre fonctionnement change notre regard sur nous, les autres, notre environnement et cela va nous permettre
→ d’éprouver moins de honte, de culpabilité après nos sur-réactions. Il y aura moins de « j’aurai du… »
→ de mieux comprendre les autres, leurs comportements
→ de mieux ajuster nos réactions
Ne jamais oublier que nos réactions (et celles des autres) ne sont bien souvent que des tentatives de protection !

Comment améliorer une sécurité dans nos relations ?

Déjà, repérer nos réactions non adaptées en se posant chaque soir et en se demandant à quel moment de la journée nous avons été dérégulés. Chaque jour, nous passons par tous les états de nombreuses fois.
→ Repérer un moment où nous sommes passé en mode figement, combat et fuite (fuite est le plus difficile à repérer).
→ Qu’est ce qui a été le déclencheur (quelque chose en interne, une autre personne, l’environnement) ?
→ Quels ont été mes ressentis dans le corps ?
→ Quelles ont été mes émotions ?
→ Quel ont été mes pensées ? Mes idées ?
→ Quel a été mon comportement ?
Ces réponses vont nous aider à mieux nous connaître, à mieux connaître nos réactions et les premiers signaux qui doivent nous alerter.

En parallèle, nous pouvons chercher des ressources
qui nous apaisent (respiration, souvenirs heureux, soupirs…)
qui nous permettent de court-circuiter une colère qui monte (dire stop intérieurement ou se concentrer sur un objet de notre environnement et le décrire mentalement…)
s’entraîner chaque jour plusieurs fois par jour plusieurs fois par jour pour qu’elle nous viennent à l’esprit au moment où nous en avons besoin.
Une fois plus au calme, nous pouvons prendre des décisions et agir consciemment.

Ne pas oublier
→ ​ce sont des fonctionnement de protection ! Il y aura forcément des ratés, c’est normal, ce n’est pas grave !
→ ​derrière chaque tension relationnelle, il y a un (ou les deux) système nerveux en insécurité qui essaie de se protéger.

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