Pourquoi avons nous du mal à poser nos limites ?
Dans certaines professions, ou même, selon notre personnalité, notre investissement dans notre vie professionnelle est tellement important que nous nous retrouvons tiraillés entre notre boulot et notre vie personnelle. La charge mentale professionnelle est telle que nous n’arrivons plus à couper lorsque nous sortons du cadre professionnel. La problématique peut être inversée si notre entourage personnel nous demande beaucoup, trop, nous ramenons nos problèmes, fatigue, difficultés personnels au boulot.
L’équilibre entre les deux est rompu car l’un prend toute la place, mobilise toute notre attention, notre énergie.
Il ne faut pas s’attendre à une égalité parfaite de tous les domaines de notre vie : ils n’auront jamais une importance identique au millimètre près. C’est juste impossible !
Nous avons du mal à poser nos limites car, même si nous savons ce qui est important pour nous, nous vivons un peu comme des robots ! Nous ne sommes pas conscient que nous laissons de coté ce qui est important au détriment de tout ce que nous laissons devenir urgent !
Comment faire en sorte que ce qui est important pour nous devienne notre priorité ?
Commençons par répondre honnêtement à quelques questions : Dans notre vie personnelle (famille, amis, couple, nous-mêmes), professionnelle (travail, associations, développement personnel, formations…), loisir, argent, santé, environnement (tout ce qui est extérieur à nous), spiritualité…
❓Qu’est ce qui est prioritaire pour nous ?
❓A coté de quoi ne voulons nous pas passer ?
❓Qu’est ce que nous ne voulons pas rater ?
❓Vers quoi voulons nous tendre (être, avoir, faire, partager…) ?
❓De quoi a besoin notre corps (temps de sommeil, type d’alimentation, activité physique, activités ressources …) ? (pas ce qui est écrit, conseillé dans les livres, sur internet, vraiment ce dont nous avons besoin nous !)
❓De quoi avons nous plus envie ?
Ensuite, il faut nous demander comment aller vers ce qui est important pour nous :
Certaines de nos priorité sont simple à mettre (ex passer du temps de qualité avec nos amis, il suffit de trouver un moment, une activité à faire ensemble et d’y aller). D’autres vont demander une certaine organisation. (ex voyager : il va nous falloir savoir où nous souhaitons aller, ce que nous voulons faire, trouver le temps, les personnes avec qui y aller, nous organiser pour avoir l’argent pour régler le voyage et profiter sur place, réserver, gérer les imprévus…)…
Et enfin programmer :
Programmer ce qui est important pour nous en priorité.
Se garder du temps déplaçable mais non annulable pour nous, nos proches, les activités qui nous ressourcent… (le travail peut faire parti des priorités car c’est bien souvent lui qui nous apporte les moyens financiers de faire tout le reste, mais il ne doit pas prendre toute la place (en temps et en énergie)).
Garder des plages vides pour palier aux « urgences », imprévus…
Garder des plages pour se poser, se laisser vivre, rester sur le canapé à regarder notre série préférée, ou lire…
Programmer une ou deux plages hebdomadaires pour tout ce qui est obligation (administratif, ménage, courses…). Les faire au fur et à mesure est moins difficile que de le faire une fois par an ou par mois
Ne pas hésiter à déléguer, partager certaines taches avec les colocataires, membres de la famille, collègues…, partager plus équitablement.
Ne pas sur charger les journées, les semaines. Si c’est difficile de tenir plus nous allons reculer, abandonner, et c’est notre estime de nous qui en paye le prix fort !
Poser ses limites
Pour organiser notre vie en fonction de ce qui est important, pour nous, notre corps, notre esprit…, il nous faut définir nos limites, les respecter et les faire respecter.
Dans un premier temps, c’est à nous de définir clairement nos limites en fonction de ce qui est important pour nous, de ce que nous ne voulons pas rater, de ce à quoi nous aspirons. Une seule question : Quels sont nos non-acceptables ? Ce que nous ne voulons plus !
Pour renforcer votre détermination, nous pouvons répondre à la question Pourquoi je n’en veux plus ?
♦️Qu’est ce que nous n’acceptons plus au niveau temps ?
Sur quelle plage horaires décidons nous de répondre à un coup de fil boulot, de consulter les mails, messagerie style « groupe WhatsApp »…
♦️Qu’est ce que nous n’acceptons plus de vivre au niveau émotionnel ?
Si un collègue, un ami, déborde régulièrement et nous touche plus que de raison, est que nous disons stop en posant des limites claires, est ce que nous nous contentons de râler ou est ce que nous subissons ?
Si nous avons besoin de souffler de revenir au calme régulièrement, sommes nous capable de nous isoler ne serait-ce que 2 mn ?
♦️Qu’est ce que nous ne voulons plus supporter physiquement ?
Que ce soit une fatigue physique, une alimentation désordonnée, des douleurs, un manque ou un trop plein d’activité physique, un manque de sommeil… tout ce qui se rapporte à notre corps, qu’est ce que nous acceptons ? Qu’est ce que nous n’acceptons plus ?
♦️Qu’est ce que nous décidons de ne plus accepter dans nos relations ?
Les personnes de notre entourage qui sont toujours en demande, en train de se plaindre, celles qui nous pompent notre énergie, celles qui ne respectent pas notre temps, qui ne respectent pas notre façon de voir la vie…. Posons nous nos limites pour garder notre équilibre ?
Avons nous le soutient dont nous avons besoin dans nos relations ?
♦️Qu’est ce que nous acceptons au niveau professionnel ?
Les changements de planning de dernière, les messages, les coup de fils qui débordent des heures de boulot, les journées et heures supplémentaires intempestives, la surcharge de travail, le trop plein d’informations qui entraîne une fatigue mentale et des risques d’erreurs…
Rien ne nous oblige à prendre en charge le travail, les problèmes de notre collègue râleur.
Où posons nous nos limites ?
Ensuite, nous devons respecter nos propres limites : De part notre comportement, nous enseignons aux autres comment se comporter avec nous.
Pour quelle raison iraient ils respecter nos limites alors que nous-mêmes, nous ne les respectons pas ? (ne pas hésiter à prendre des pauses de 2 mn pour nous isoler si nous avons du mal à supporter le brouhaha ambiant, à couper court lors d’une conversation qui vire au drame et y revenir plus tard quand les esprits échauffés sont calmés…)
Oser dire non quand nous ne pouvons pas prendre en charge quelque chose de plus ou que nous avons déjà quelque chose de prévu. Dire non quand cela nous dérange c’est se dire oui à Soi !
Lorsque nous faisons face à une situation dans laquelle nous ne sommes pas bien, quelle limite n’avons nous pas bien posé, pas bien exprimé ? Lors d’un conflit, quelle limite a été transgressée ? (la notre ou celle de la personne en face de nous).
Nous évoluons continuellement, donc nos limites aussi, quelque chose de primordial à un moment de la vie, ne l’est plus quelques mois, années plus tard. A nous de reconsidérer régulièrement nos limites.
Observons nous et quand la fatigue pointe son nez, osons prendre un temps de récupération ! Personne n’est irremplaçable, nous avons le droit à un bon sommeil, du temps de repos, des vacances…
Se respecter, ce n’est pas être égoïste, c’est prendre soin de soi !
Nous serons moins efficace fatigués, préoccupés, plus motivés, mieux concentrés. Tout le monde a à gagner de nous avoir en forme. Donc prenons le temps d’aller bien, de ralentir, de bien faire les choses les unes après les autres… Prenons le temps de recharger les batteries !
Nous ne nous épuisons pas à puiser dans la réserve mais à ne pas avoir suffisamment d’activités ressourçantes qui les remplissent ! Notre corps a besoin de repos pour se régénérer, notre esprit a besoin de calme pour s’apaiser. Ce n’est que dans l’apaisement que nous pouvons contacter les émotions positives tel la joie, l’amour…
Nous avons besoin de moment de plaisir pour compenser les obligations, les informations difficiles à entendre, les difficultés… que nous rencontrons tout au long de la journée.
Il est important d’apprendre à lâcher prise : pour préserver notre bien-être psychologique, une relation, inutile d’avoir le dernier mot, d’avoir raison à tout prix ! Parfois abandonner la discussion est la meilleure solution pour nous.
Nous ne nous épuisons pas à puiser dans la réserve mais à ne pas avoir suffisamment d’activités ressourçantes qui les remplissent !
Comment savoir qu’une de nos limites n’est pas respectée ?
Il est également indispensable de repérer nos réactions lorsque nos limites sont dépassées..
Les signes peuvent être divers et variés : nous sommes irritable, agacés avons une humeur changeante sans raison apparente. Nous pouvons ruminer quelque chose qui s’est passé il y a quelques heures, quelques jours… Nous sommes fatigué, n’avons plus envie de notre activité préférée, d’aller au boulot. Nous pouvons éprouver de l’anxiété, avoir la boule au ventre, mal à la tête… Nous nous isolons, ne supportons plus les autres… Nous n’avons plus envie de nous faire plaisir, notre sommeil est perturbé.
Bien nous connaître va nous permettre de déceler les premier signes de déséquilibre, nous pourrons ainsi réfléchir à comment réajuster la situation, comment se comporter la prochaine fois que la situation se représentera.
En conclusion, l’équilibre n’est pas une science exacte, il nous faut composer au jour le jour avec notre environnement. D’où l’intérêt de savoir ce que nous voulons et où nous posons nos limites. Il est important de connaître nos réactions quand ces dernières ne sont pas respectée pour pouvoir réajuster le tir. C’est un travail de longue haleine mais Nous le valons bien !
Dans le prochain article, nous verrons quels sont nos besoins, nos valeurs, en quoi ils sont importants pour notre équilibre et comment rester aligner.
Sources :
Équilibre vie pro vie perso : comment le trouver quand on est soignant ? / adecco
L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle / emploi soignant
Soignants : comment trouver l’équilibre pro/perso ? – Thadeo

