Facebook

HPI/HPE Haut Potentiel Intellectuel/ Emotionnel, penser vite, ressentir fort

HPI et HPE ou HP tout court ?

HPI : Haut Potentiel Intellectuel,
HPE : Haut Potentiel Emotionnel,
Même s’il fait débat sous sa forme actuelle et qu’il n’est que la partie émergée de l’iceberg, l’indicateur retenu pour le diagnostic du HPI est un QI supérieur ou égal à 130.
Les zones du cerveau liées aux fonctions cognitives sont suractivité pour les HPI et ce sont les zones touchant aux émotions et perceptions sensorielles qui sont suractivées chez les HPE. Mais les HPE auraient tout de même un QI élevé et les HPI un QE également élevé.
Bref, ce n’est pas si simple ! D’autant qu’il n’y a pas de définition clairement établie pour la notion de HPE qui est apparue dans les années 1990.

Tout le monde ne s’accorde pas sur la définition de l’intelligence :
▶️Robert Sternberg (psychologue et professeur de psychologie cognitive) propose 3 composantes de l’intelligence

  • l’intelligence analytique (résolution de pb)
  • l’intelligence créative (capacité à faire face à des situations nouvelles)
  • l’intelligence pratique (capacité à s’adapter à un environnement changeant)

▶️Selon Howard Gardner (psychologue du développement), il existe 8 types d’intelligence :

  • verbale, linguistique,
  • logico-mathématique,
  • visuo spatiale,
  • intra-personnelle,
  • interpersonnelle,
  • corporelle-kinesthésique,
  • musicale,
  • naturaliste,

▶️Lors d’un test de QI (quotient intellectuel) sont évalués :

  • La compréhension verbale
  • Le raisonnement
  • La vitesse de perceptions
  • L’aptitude numérique
  • La fluidité verbale
  • La mémoire associative
  • La visualisation spatiale

▶️Lorsqu’on évalue le QE (quotient émotionnel), on évalue les compétences suivantes :

  • La conscience de soi : sentiments, émotions (écouter le message, l’analyser)
  • La maîtrise de soi : gestion des émotions (agir au lieu de réagir)
  • La motivation : connaître son « pourquoi » pour avancer
  • L’empathie : la faculté de se mettre à la place de l’autre, de percevoir ce qu’ils ressentent.
  • Les aptitudes humaines : gestion de ses émotions, compréhension de l’autre pour adapter son comportement.

Tout le monde n’est pas d’accord ! Je vais donc parler des HP.

cecile-joyeux-coaching, accompagnement, TPV, theorie polyvagale, diversité, neurodivergence, neuroatypicité, différence, HP

Qu’est ce qui fait que les HP sont atypiques ?

Cela fait parfois débat mais les personnes HP traitent l’information plus rapidement et de manière plus complexe, ce qui peut affecter leurs interactions avec le monde. Même si elles possèdent une créativité et une capacité de réflexion qui sont de véritables atouts, elles ne se sentent pas en phase avec leur environnement, ce qui peut parfois nécessiter un accompagnement.

🔵La génétique
Les neurones sont plus myélinisés que chez les personnes neurotypiques, il y a une meilleure connexion dans les zones frontales et pariétales du cerveau. Il y a plus d’activité dans le cortex cingulaire (structure qui fait le lien entre les 2 hémisphères du cerveau). Le cortex (couche externe du cerveau) continue de s’épaissir jusqu’à 11 ans environ (7 ans pour les neurotypiques).
Bien sur, les facteurs environnementaux sont primordiaux pour développer le potentiel. Plus l’environnement est stimulant, plus le potentiel se concrétise.
De nombreux HP découvrent leur douance tardivement lors d’un burn-out, d’une thérapie. Ils fonctionnent différemment, ne se sentent pas adaptés, connaissent des difficultés relationnelles…

🔵La mémoire
Ils ont, généralement, une excellente mémoire à court et à long terme et s’y connectent facilement. Une image, une odeur, un son, une émotion va réveiller un souvenir précis.
Hypersensible, ils peuvent être coupé momentanément du contenu de la mémoire si une grande émotions passe par là.

🔵Le sens de la justice
Ils ont un grand sens de la justice, de l’équité, une moralité prononcée. Ils sont idéalistes, complètement intolérant à l’injustice (pour eux et les autres).
Très respectueux des règles qui font sens, mais remettent en question celles qu’ils ne comprennent  pas (pas au niveau intellectuel mais plutot, injuste, pas justifiée, mal établies…).
Ils ne vont pas reconnaître une autorité qui a un comportement injuste, trompeur, douteux…
On les retrouve souvent investi dans la vie associative mais le fonctionnement doit correspondre leur valeurs, pas d’entourloupe, sinon ils disparaissent.
Ils cherchent toujours le moyen de s’améliorer, d’améliorer les choses.
Ils ont un système de valeur fortement ancré dont ils ne peuvent pas déroger sans souffrance.

🔵L’empathie
Leur hyperémotivité leur permet de ressentir, d’identifier et surtout d’être touché par ce que ressentent les autres. Ils sont capable de s’adapter voir de se sur-adapter aux autres, à l’environnement. Dans une trop grande bienveillance, ils ont tendance à s’oublier au profit du bien-être des autres. Cela fait d’eux des proies facile pour les manipulateurs.

🔵Le faux self
Leur capacité à s’adapter aux autres leur facilite l’accès au faux self (nous en utilisons tous dans nos relations pour nous adapter aux situations, aux personnes face à nous : nous ne sommes pas les même avec notre amoureux que notre patron). Ils se sentent différents et pour ne pas que ce soit perçu, ils se sur-adaptent quasi en permanence pour donner le change. Ils y laissent souvent un part de leur authenticité. A la longue c’est beaucoup de souffrance !
En fait ils s’adaptent tellement bien qu’ils « miment » les comportements et façon d’être de la personne avec qui ils sont. Ils font le caméléon. C’est très bien perçu par la personne face à eux mais c’est très préjudiciable pour eux car ils ne sont quasiment jamais eux-mêmes.
Ils peuvent avoir du mal à dire ce qu’ils pensent, comment ils voient les choses car il se sentent en décalage et ont l’impression que ce qu’ils vont être jugé, qu’ils vont choquer, déplaire, ne pas être compris.

🔵L’ hypersensibilité
Ils ont une grande sensibilité aussi bien émotionnelle que sensorielle. Cela apporte beaucoup d’information a traiter au cerveau.
Ils sont souvent envahi par leurs émotions. Certains se mettent en position de « contrôle » et ne laisse rien ou quasi rien transparaître pour canaliser cet afflux mais cela se retourne contre eux (tensions, douleur, dépression, explosion de colère, troubles digestifs, addictions…)
Ils perçoivent nettement des odeurs, bruits, luminosité de leur environnement et sont gênés alors que d’autres ne s’en aperçoivent pas. Ils vont être plus à l’écoute de leurs sensations corporelles (faim, fatigue, douleur…)
Ils doivent apprendre à gérer ce flux d’émotions, de sensations qui leur arrivent en permanence ! Il en va de leur bien-être !

🔵Un sentiment de décalage avec les autres
Ils voient les choses différemment, réfléchissent différemment. Ils leur est difficile de se conformer aux normes sociales qu’ils ne comprennent pas toujours (ça ne fait pas toujours sens pour eux) ! Ils en arrivent à s’isoler s’ils ne trouvent pas un petit groupe de personnes qui les accepte tel qu’ils sont.
Ils sont souvent catégorisé « trop » : trop sensible, trop perfectionniste, trop entier…
C’est souvent ce sentiment d’être différent, pas à leur place qui les fait consulter. Le diagnostic est un apaisement, ils passent de « anormal, bizarre » à différent. Ils comprennent qu’ils ont le droit d’être, de vivre tel qu’ils sont et peuvent arréter de se cacher.

🔵La curiosité
Ils ont besoin d’apprendre, d’être stimuler intellectuellement. Ils s’intéressent à un sujet à fond puis passe à autre chose si cela ne les passionne pas plus que cela. Cela marche aussi pour les activités, le travail : quand ils ont fait le tour de la question, ils ne s’éternisent pas !
Ils ont besoin de s’améliorer, d’évoluer, d’améliorer les choses continuellement, de donner du sens à ce qu’ils font, vivent !

🔵Le mode de raisonnement
Ils ont besoin qu’il y ai de la logique dans les raisonnements, que les informations soient vérifiables. Cela leur permet de fonctionner efficacement et d’ajuster au mieux leur comportement à la situation.
Ils vont être capable de déceler la plus petite anomalie et de proposer des solutions. C’est efficace mais pas toujours bien vu !
Ils ont également une bonne intuition qui va les guider. Même si ce qu’ils avancent est vrai, ils ne savent pas le justifier ou l’expliquer. Là encore, ce n’est pas bien vu !
Ils ont également un mode de pensée dit en arborescence. Ils font des associations en permanence et cela donne de nouvelles idées qui en engendrent encore d’autres… Cela fait d’eux des personnes plus créatives s’ils ne se brident pas eux-mêmes !
Ils vont se poser des questions existentielles : ils sont toujours en recherche de sens. Qu’est ce qu’ils font là ? quel est leur rôle ? quel est le but de leur existence ?

🔵Une grande résilience
Malgré les difficultés, les désillusions qu’ils vont traverser (ils ne comprennent pas forcément les réactions, les fonctionnements des autres) le rejet ou le fait qu’ils s’isolent, cachent leur vraie personnalité pour ne pas être rejeter, ils vont garder une grande capacité de résilience. Ils vont parvenir à rebondir quoi qu’il arrive, quelque soit ce qu’ils traversent !

🔵Un syndrome de l’imposteur
Il est fréquent retrouver un syndrome de l’imposteur chez les personnes HP. Elles doutes de leurs compétences, de leur capacité à réussir :
Cela vient du fait qu’elles mettent la barre très haute du fait de leurs idéaux
et qu’elles ont une certaines tendance à ce cacher (puisqu’ils se sentent différent et ne veulent pas que les autres s’en aperçoivent).
De plus elles se posent des tas de questions existentielles ou non et ne trouvent pas toujours la réponse rapidement. Elles ont l’impression d’être plus lente que les autres.
Cela peut miner leur estime d’eux-mêmes.

cecile-joyeux-coaching, accompagnement, TPV, theorie polyvagale, diversité, neurodivergence, neuroatypicité, différence, HP

Comment mieux vivre ses particularités ?

  • Apprendre à se connaître et surtout l’accepter.
  • Prendre du temps pour soi et pas uniquement pour travailler, ou faire pour les autres. Prendre le temps pour des activités qui leur fond du bien.
  • Côtoyer des personnes qui les connaissent vraiment et les accepte avec leur « bizarreries ».
  • Se reposer suffisamment, en tant qu’hypersensible, ils sont plus rapidement et facilement fatigable.
  • Apprendre à s’apaiser, à lâcher pour diminuer le stress et ses complications (douleurs, troubles digestifs, tensions, irritabilité, dépression…)
  • Apprendre à calmer ce cerveau toujours en ébullition qui peut compliquer l’endormissement et raccourcir de temps de sommeil.
  • Choisir un métier et/ou des activités dans lesquels ils s’épanouissent. Et surtout un environnement professionnel, associatif, amical dans lequel ils se sentent bien.

Le haut potentiel est une force, mais il demande d’apprendre à composer avec son intensité.
C’est un équilibre entre lucidité et douceur, exigence et bienveillance envers soi-même.
Quand il est compris et accueilli, il devient une ressource précieuse, une flamme intérieure capable d’éclairer les autres sans se consumer.

A lire également…

L’équilibre pro/perso, un luxe ou une nécessité ?

L’équilibre pro/perso, un luxe ou une nécessité ?

Qu’est-ce que l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle? C'est notre aptitude à passer de nos activités professionnelles à nos activités personnelles et parfois associatives facilement sans que l'une déborde sur l'autre ou les autres. Lorsque nos...

lire plus