Le petit décodeur du développement personnel :
de quoi parle-t-on vraiment ?
Dans le développement personnel, nous entendons très souvent certains termes, mais savons nous exactement ce qui se cache derrière ? Les notions de croyances, schéma, automatisme, zone d’ombre, de confort ou de sécurité.. sont elles claires ou plus ou moins floues ?
Dans ces 3 articles, je vais tenter d’apporter une clarification.
Nous avons tous des certitudes sur nous-mêmes, les autres et le monde. Certaines nous encouragent à avancer, d’autres nous freinent. Nous n’en sommes même pas conscient !
Qu’est ce qu’une croyance ?
De notre naissance jusqu’à aujourd’hui, nous avons intégré des « idées » qui sont devenues notre façon de penser, d’être, de ce qu’il faut ou ne pas faire, comment se comporter. C’est cela que nous appelons croyances
Nos croyances sont l’ensemble des certitudes que nous avons sur nous-mêmes, les autres, le monde, la vie en général. La plupart du temps nous n’en sommes pas conscients.
Elles sont le fondement de qui nous sommes il nous est donc difficile de les remettre en question, et même de les repérer.
« Nos croyances nous paraissent naturelles, universelles, ou tout au moins partagées par les personnes de bon sens, bref elles sont vraies. » David Lefrançois
Nous interprétons tout ce que nous voyons à travers elles. Elles façonnent notre vision du monde, notre réalité, notre vérité que nous considérons comme LA vérité. Elles influencent nos pensées, idées, comportements, émotions… toute notre vie.
Une croyance n’est pas vraie ou fausse, c’est une conclusion que nous avons tiré de nos expériences. Et ensuite, nous interprétons tout ce que nous vivons à travers elle.
Pourquoi ont-elles autant d’influence sur nous ?
Elles peuvent nous soutenir, nous aider mais bien souvent réduisent notre vision, notre capacité à trouver des solutions, à écouter vraiment les autres et leur façon de voir les choses. Leur influence, nous mène à :
→ sélectionner les informations de notre environnement que nous allons voir, entendre, comprendre, utiliser pour agir.
→ passer notre temps à « juger » (nous, notre environnement, les autres, la société… ). Tout ce que ne correspond pas à ce que nous croyons (inconsciemment) devient en dehors du « bon sens »
→ éviter consciemment ou non certaines situations et à en privilégier d’autres ce qui renforce notre système de croyances !
D’où viennent nos croyances ?
De nos expériences
Elles se sont forgées à partir des expériences que nous avons vécu. Ce que nous avons vu, entendu, ressenti et surtout les conclusions que nous en avons tiré.
Les croyances que nous avons sur nous-mêmes viennent des réponses que nous avons reçues par nos proches (famille, école, communauté…) face à nos comportements, nos interactions. Nous en avons déduit de nombreuses certitudes sur nous-mêmes.
Toute société se doit de maintenir une cohésion interne. Pour cela il y a des codes, règles qui doivent globalement être respectées. Chaque changement est une menace envers la cohésion. Nous avons intégré des superstitions, a priori de la famille ou de la société, habitudes comportementales (pour mieux interagir avec notre entourage), connaissances collectives obligatoires…
Des messages que nous avons intégrés :
Nous avons appris de notre environnement la bonne façon de nous comporter et nous obéissons à des messages d’autorité du passé. (sois parfait, dépêche-toi, fais des efforts, fais plaisir, sois fort, Tais Toi, Attends, Sois Sage, Pas Assez, Laisse Faire).
A la base, ces drivers nous ont permis d’être aimé, protégé par nos proches. Mais une fois adulte, nous sommes plus autonome et pourtant souvent bien accroché à ces messages.
Pourquoi nos croyances finissent-elles par nous sembler vraies ?
Sans que nous en ayons conscience, notre cerveau trie les informations que nous percevons pour retenir davantage celles qui cadrent avec notre façon de voir le monde. Nos croyances nous conditionnent à voir, entendre et nous intéresser.
Nous interprétons ce que nous voyons et vivons à travers elles.
C’est pour cela que, face à un même événement, nous pouvons avoir des souvenirs et des perceptions différents.
Chacun crée sa propre réalité et en tire sa propre vérité.
Le renforcement
Ce que je crois (mes croyances, mes convictions) influence
→ ce que je pense (mes idées, mon raisonnement) mon raisonnement suis ma façon de voir les choses
→ ce que je ressens (mes émotions, mes ressentis corporels) : mon corps note les frictions entre ce qui se passe autour de moi et mes convictions.
Cela va influencer ce que je fais (mes attitudes, comportements) : je me comporte comme bien me semble avec quelques entorses aux règles établies par l’extérieur
Et tous ces ressentis, pensées, comportements vont renforcer ce que je crois….
Quelles que soient nos croyances, nous cherchons à les confirmer. Nous transformons la réalité pour que notre interprétation soit conforme à nos convictions : c’est ce qu’on appelle la distorsion.
Un fait n’ai rien d’autre qu’un fait, il ne signifie rien dire en soi : c’est nous qui lui donnons une signification.
Il est bien plus sécurisant et confortable de confirmer (et renforcer) ses croyances que d’envisager de les reconsidérer. Alors que parfois, il serait, plus confortable et plus rassurant de vivre autrement.
Ce que je crois → ce que je pense → ce que je ressens → ce que je fais
→ ce qui m’arrive confirme ce que je crois.
Une croyance , c’est comme des lunettes teintées que nous portons depuis si longtemps
que nous avons oublié que nous les avions.
Elles colorent ce que nous voyons sans que nous nous en rendions compte.
Croyances aidantes et croyances limitantes ?
Les croyances aidantes vont nous aider au quotidien, nous tirer vers le haut. Elles nous aident à nous construire à avancer. Elles sont un ancrage lors des coups durs.
Elles sont construites à partir d’observation nuancées. Elles nous permettent de reconnaître une difficulté sans nous figer.
Les croyances limitantes nous empêchent de progresser dans certains projets, situations, souhaits.
Nous nous bloquons nous-mêmes : Nous n’avons pas accès à certaines opportunités pourtant bien présentes. Elle n’entrent pas dans notre champs des « possibles ». Nous ne nous autorisons pas !
La différence entre les 2 : la flexibilité
Une croyance aidante va être souple, dans un contexte ou un domaine de vie. Le changement est envisageable, elle évolue.
Une croyance limitante va être rigide, généralisée. Elle n’est plus forcément liée à un contexte ou un fait.
petit exercice :
Reconnaître une croyance qui nous limite
→ des petits mots comme « toujours, jamais, personne, tout le monde… » sont utilisés pour généraliser,
→ elle nous enferme dans une identité, une case, une étiquette : « je suis… comme ça » « je ne peux pas … »
→ elle prédit l’échec : « de toutes les manière, je ne vais pas y arriver » « je n’ai jamais réussi, donc je ne vois pas comment je pourrais y arriver aujourd’hui »…
→ elle ignore ce qui ne colle pas : « j’ai réussi 1 fois, j’ai eu de la chance, c’est tout »
pense à une situation qui te stress, qui te met mal l’aise, que tu appréhendes…
Quelle est la première pensée qui te vient spontanément ?
Ces petites phrases, elles ouvrent les possibles ou ferment les portes ?
Si elles ferment les portes, quels sont les convictions que tu caches derrière ?
Transformer cette croyance limitante
Te souviens tu quand tu as mis en place cette croyance ?
De quoi elle t’a protégée à l’époque ?
Quelles sont les émotions connotées négatives qui sont associées à ce moment là ? Sont elles encore d’actualité ?
Est ce que tu as des émotions connotées positives qui sont liées à ce moment ? Et aujourd’hui ces émotions sont elles toujours d’actualité ?
Trouve des preuves contraires : dans ton vécu, la vie des autres, ce que tu observes… comment c’est quand ça se passe différemment ?
Mets un peu de distance : passe de « je suis » à « une partie de moi pense que je suis… » ou « je crois que je suis… »
Trouve 3 à 5 situations dans lesquelles cette croyances n’était pas vrai, ne s’est pas réalisée.
Réécris ta croyance : elle doit
→ rester crédible pour toi
→ être non rigide (pas de jamais, toujours, personne…)
→ être orienté vers l’action, le changement, l’évolution.
A la place de « je suis nul en … », plutôt, « j’ai des difficulté en/avec… dans (telle situation) mais j’ai déjà réussi …. Je peux progresser en me concentrant un peu plus/ en suivant une formation/ en faisant … »
Le but est de mettre un peu de souplesse, et d’ouvrir des possibilités.
Nos croyances peuvent évoluer.
Nous ne sommes pas responsable des croyances que nous avons mis en place pour nous protéger par le passé : nous avons fait ce que nous pouvions avec nos connaissances, les circonstances du moment. Nous avons eu besoin d’elles à ce moment là !
Par contre, nous sommes responsable de leur évolution à partir d’aujourd’hui :
Est ce qu’elles nous aident ou nous limitent ?
Est ce que nous leur restons fidèle ou est ce que nous choisissons de les assouplir, de les faire évoluer ?
Nous pourrions résumé une croyance par :
Une croyance , c’est comme des lunettes teintées que nous portons depuis si longtemps
que nous avons oublié que nous les avions.
Elles colorent ce que nous voyons sans que nous nous en rendions compte.
Ressources
Croyance limitante vs croyance aidante Thierry Sudan
cours de l’INA (institut des neurosciences appliquées) de David Lefrançois


